Deuxième jour du road trip dans le Ross occidental. Cette fois ci, on va s’attaquer à la partie ouest du Ross. Départ de Carbisdale vers 9h15 après un petit dej servi au château dont nous avons pu profiter…seuls… Avant de se mettre en route un petit passage à la pompe avec des prix tout à fait prohibitifs. On frôle le 1£30 le litre de diesel, une fois la conversion £/€ effectuée on ne peut s’empêcher de verser une petite larme, surtout quand sa carte bleue prise spécialement pour le voyage décide de ne pas fonctionner (j’y reviendrai)… Retour sur la route de la veille en direction d’Ullapool, nous retrouvons donc notre loch Glascarnoch et son barrage.
Arrivé au croisement attendu nous bifurquons en direction Gairloch. Le premier objectif du jour était de ne pas manquer les Falls of Measach situées dans une crevasse de la gorge de Corrieshalloch. Dès la bifurcation prise un petit renfoncement et les quelques voitures sur le côté nous indiquent la présence d’un point de vue intéressant. Effectivement l’aire de repos nous ouvre l’accès sur ces fameuses chutes. On se retrouve rapidement sur un pont suspendu au dessus d’un gouffre d’une cinquantaine de mètre de profondeur. Pour ne rien arranger au vertige de Céline, les panneaux insistant sur le danger du coin et sur l’impossibilité de monter à plus de 6 personnes sur le pont sont légions. En effet le pont n’est tenu que par quelques cables d’acier et bouge au moindre coup de vent. Céline a d’ailleurs eu la mauvaise idée de courir sur le pont pour fuir ce qui n’a fait qu’accentuer le balancement du pont, me laissant en plein milieu avec le cerveau tentant de faire la mise au point. Le décor en lui-même est grandiose, la chute est monumentale et se situe dans une petite crevasse d’une poignée de mètres de largeurs. On suit ensuite un petit sentier nous emmenant sur une passerelle servant de point du vue un peu excentré sur la chute. Une fois de plus les panneaux avec leurs bonhommes faisant une chute et ceux indiquant qu’être plus de 6 sur le pont est du suicide sont la pour nous rassurer. La vue vaut cependant assez largement le coup et on en profite pour prendre un paquet de photos. Ceci dit le soleil a décidé une fois de plus de jouer à cache cache et alors qu’il brillait assez généreusement lors de notre départ de Carbisdale revoilà le plafond gris que nous avions hier, et avec lui une température beaucoup moins clémente. On décide donc de ne pas s’attarder et de nous remettre en route.
Nous longeons donc le Loch Broom en direction de Gruinard Bay et de sa fameuse île. En chemin nous nous retrouvons au pied d’une montagne (An Teallach 1062m) et croisons quelques bouquetins sur le bord de la route. C’est toujours surprenant et je n’en avais pas parlé hier mais le nombre de bestiaux allongés au milieu de la route est prodigieux. Hier je manquais d’écraser des moutons à la pelle, aujourd’hui en plus des innombrables moutons nous voilà avec des bouquetins.
Plus tard nous nous retrouverons d’ailleurs avec des taureaux des highlands (les chevelus) sur le bord de la route et laissez moi vous dire que vu la taille des cornes de la bête on n’a pas spécialement envie de s’éterniser, on sait jamais si la bête a une folle envie de s’essuyer les cornes sur la voitures de location. Bref revenons à nos moutons ou à nos bouquetins et poursuivons notre route vers Gruinard. Gruinard pour ceux qui ne le saurait pas (et je ne peux pas leur en vouloir je n’en avais aucune idée non plus) est une île qui a été le lieu des tests d’armes bactériologiques pendant la 2eme guerre mondiale. Je vous renvoie à l’article wikipedia sur la question mais sachez juste qu’on y a balancé une bombe pleine de baciles de la maladie du charbon et qu’après avoir constaté que tous les moutons aux alentours était mort, on a du la décontaminer à coup de formol. Encore une preuve de la connerie humaine dans toute la splendeur. C’est d’autant plus stupéfiant qu’il a fallu plus de 40 ans avant que l’île ne fasse plus l’objet d’une interdiction de pénétrée et ce, alors que des maisons sont juste au bord de la mer, à quelques kilomètres seulement de l’île. Je suppose que le nombre de bébé à quatre bras dans cette ville a su battre tous les records. Navrant.
Après ce cours d’histoire retournons donc dans les highlands et reprenons la route pour Gairloch. J’ai alors la joie de retrouver mon paysage d’hier, ou plutôt l’absence de paysage. Heureusement nous longeons très rapidement la côte ce qui rends les quelque kilomètres plus agréables à parcourir. Nous arrivons donc rapidement à Gairloch une fois de plus décrit comme un « centre de vacances et village typique » dans notre guide. Certainement…. Mais alors en été…. A notre arrivée RIEN d’ouvert, le néant, juste une superette et une espèce de bouiboui affreux donc l’odeur de poisson pourri nous a vite fait fuir. Retour à la superette pour essayer d’acheter à manger. Tentative de retrait d’argent, ma carte ne fonctionne toujours pas. Devant prendre un hôtel le soir même je commence à sérieusement m’inquiéter et décide d’appeler la banque…En France. Argh la facture sera salée. On me dit que tout va bien sur ma carte et on me propose sans rire de me faire porter du cash au lieu de mon choix. Je décide de lâcher l’affaire mais juste par curiosité j’aurais du demander à ce qu’on m’envoie du fric au fin fond des highlands écossais. « Alors vous voyez juste après les moutons, au pied de la montagne bidule, au bord du loch chose, 3eme aire de repos à droite ». Sans déconner ca m’aurait beaucoup fait rire de voir un mec débouler avec mon pognon dans le trou du cul du monde. Bref Céline a sa carte ce n’est pas la fin du monde on va s’en sortir.
Donc finalement, à Gairloch, on ne mangera pas. On trouvera des paquets de chips restant de notre promenade à Fort Augustus et des paquets d’Oreo de la même époque. Zuper ! Ceci dit ne noircissons pas le tableau Gairloch est apparemment une ville sympa, jouissant d’une très belle situation au bord de la mer. Si j’avais été moins énervé par mon histoire de carte et si les commerces avaient eu le bon goût d’être ouvert ca aurait pu être sympa.
Et c’est reparti en direction du village indien de Kinlochewe. La route est cette fois ci magnifique, nous passons dans une réserve habitée par des cerfs rouges en passant par le bord du Loch Maree et des petites iles au milieu d’une végétation luxuriante. Cerise sur le gâteau une montagne (le Ben Slioch) nous contemple de ses hauteurs avec chapeau de nuages. Super spectacle. Hélas nous arrivons à Kinlochewe sans avoir vu de cerfs rouge.
Là se pose un dilemme, soit nous passons par une route soit disant superbe vers Fearnmore et Applecross soit nous coupons directement sur Torridon. Les yeux de chat Potté de Céline me font prendre la route d’Applecross, et un sentiment double m’habite. D’une part c’était la pire route que j’ai eu à faire en Ecosse, d’autre part c’était la plus magnifique route que j’ai à faire en Ecosse. Paradoxal non ? Pourtant la première partie de la route est une route « classique », une route de littoral, accidentée avec ses trop fameux « single track road with passing places » (je vous refais pas le topo vous avez compris de quoi il s’agit). Ca tournicote dans tous les sens mais ca donne une superbe vue sur l’ile de Skye et ses montagnes coniques. Joli donc mais un peu galère, du moins c’est ce que je croyais. Arrivés à Applecross, mignonne bourgade avec sa plage de sable rouge on se remet à la recherche d’un magasin quelconque pour manger. Nous suivons donc la flèche « shop à » jusqu’à tomber dans un cul de sac, manifestement on a du louper quelque chose. Nous nous résignons donc à ne rien manger (encore !) et prenons du temps pour prendre en photos d’une part les cerfs rouges plantés là à brouter et d’autres part mes fameux taureaux des highlands qui nous offrirons cette fois leur plus beau profil au péril de la vie de Céline (j’en rajoute un poil…). L’heure est venue de se mettre en route, il doit être environ 14h et nous nous engageons sur une route nous accueillant avec un sympathique « Danger ! Très fort risque de neige sur cette route, interdit au caravanes ». Génial ! Nous étions au niveau de la mer et nous devons nous attaquer à une montagne de 626m. Je trouvais les single track roads étroites ! Pauvre fou que je suis, sur cette montagne on a à peine de quoi mettre les roues qui semblent touches les lignes des côtés. Evidemment comme toute bonne route de montagne qui se respecte, ca part en épingles en permanence, ca grimpe, ca a des ravins tout autour, j’ai rarement autant flippé de ma vie en voiture. A chaque instant je me voyais tomber dans le vide et là adieu Berthe.
Arrivé au sommet, pas de vénérable (référence inside) mais une vue incroyable sur toute la région que nous venons de traverser. Dommage une fois de plus que le soleil ne soit pas plus au rendez vous, ca aurait été juste superbe. Et c’est parti pour la descente, descente qui s’effectue le long de la paroi de la montagne et qui nous fait passer dans un cirque juste hallucinant. On se sent ridicule devant ce spectacle de la nature. Une montagne superbement creusée, une rivière qui coule paisiblement au fond qui se jette dans le loch Carron juste au bout, et un crétin dans sa Ford Focus, arrêté au milieu de la route pour profiter du spectacle un peu plus. Donc si toi, voyageur du dimanche tu veux aller dans les Highlands, prévoit une ballade dans le Bealach Na Bo, tu te verras mourir toi aussi mais tu verras que le spectacle en vaut largement la chandelle (je m’emballe un petit peu là peut-être).
La descente terminée nous prévoyons de nous arrêter à Loch Carron pour trouver à manger dans une hypothétique superette. Nous tombons finalement sur un petit snack au bord du loch tenu par un petit vieux édenté qui nous feras deux bons burger et nous donnera un plan de notre prochaine destination, l’île de Skye. Sympathique bonhomme, comme l’ensemble des commerçants écossais que nous avons pu voir dans ce coin. Les autochtones semblent heureux de voir des touristes et quand je repense à Londres que nous avons quittés il y a seulement quelque jours, on se dit qu’il n’y a pas que des kilomètres qui séparent ces deux coins. Enfin nous avons pu manger quelque chose, il est 3 heures passé et on est crevés. Il nous reste cependant un bout de chemin pour atteindre Kyle of Lochalsh (un bonbon à celui qui arrive à le prononcer du premier coup….et sans tricher…). On s’y retrouve finalement assez vite et nous choisissons l’auberge de jeunesse de Broadford sur l’île de Skye comme prochain point de chute. Broadford n’est qu’a quelque kilomètre de là et nous avons juste à traverser le superbe pont qui relie Skye au « continent » et poursuivre pendant 10 minutes pour y être. Provisions faites pour le soir dans un supermarché (si si !) nous arrivons à notre Youth Hostel. Le gugusse est une fois de plus bien sympa et se trouve être bien désolé quand il nous apprend que ce soir ca sera lit superposé ou rien. J’en reparle dans un instant.
Juste le temps de déposer les affaires et nous repartons (vers 18h30) vers le Eilean Donan Castle, château bien connu pour tous les immortels fans d’Highlander ou tous les sorciers en herbe d’Harry Potter. Il s’agit en effet du modèle sur lequel est construit le célèbre Poudlard du second et il est le lieu de tournage du premier Highlander avec notre Christophe Lambert National. Manquer ce château aurait été impardonnable tant sa situation, plus que le château en lui-même est superbe. Le château est beau mais c’est surtout le spectacle que nous a offert le Loch Duich sur lequel il est posé qui nous a émerveillés. Les dernières lueurs du jour nous offraient un déluge de couleurs dans une ambiance typiquement écossaise difficilement explicable par des mots. Le mieux est encore de jeter un œil aux photos pour se rendre compte. Content de nous, nous repartons vers notre auberge bien décidés à….dormir…
Les lits superposés en décideront autrement et c’est une nuit abominable que nous passerons tous les deux, sur des matelas usés jusqu'à la moelle, une couette trop lourde qui étouffe quand on se met dessous etc…Autant dire que la préparation pour notre dernier jour de Road Trip n’était pas optimale. Je m’en rendrais compte demain, mais ceci, est un autre jour.
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