dimanche 25 avril 2010

Roadtrip dans les highlands : Part2: Le Ross et Carbisdale

Premier jour à proprement parler du Roadtrip nous nous mettons en route vers 9h en direction de la ville d’Ulapool (B). Notre objectif du jour est un tour dans le nord-est des highlands. Voici la carte du trajet du jour. La route nous réservera un paquet de décors différents, profitons en on n’aura pas toujours cette chance… Premier type de décor jusqu’à la ville de Garve approximativement : des prés et beaucoup de verdure. J’avoue que je m’attendais à ce genre de paysage pendant l’ensemble de notre ballade. J’ai pas été déçu, on y reviendra.  Passé cette ville c’est un désert qui apparait devant nos yeux, pas un désert de sable comme un Sahara, ni même un désert rocheux comme un ouest américain, un désert plus proche d’une toundra. Un décor visuellement très sec avec comme seule végétation des plantes grasses aux teintes brunes et une très forte concentration de roches. C’est donc la surprise lorsque l’on se trouve au milieu de cette végétation avec en seule point de mire des énormes montagnes et la seule route, serpentant au milieu de cette vaste étendue. Le premier réflexe est évidemment de s’arrêter pour prendre des photos de cet endroit insolite. On trouve assez facilement des points pour se garer sur les routes écossaises, que ca soit des aires de parkings (qui se résument a des excroissances de la route sur le côté, on est loin des aires de repos françaises) ou des entrées d’habitations (?!).

Après quelques photos nous reprenons notre route. Lors d’un coup d’œil dans le rétro je me rends compte que nous sommes suivi par une bande de 5 ou 6 motards sur des Harleys, casque vintage sur la tête et bandanas décorés en forme de bouches de cranes sur la partie basse du visage. Ils n’étaient pas là l’instant précédent et c’est donc avec surprise qu’on les retrouve à rouler a 2m de nous au même rythme que nous. Soudain et comme ca arrive souvent en Ecosse on entre dans une petite bourgade (difficile d’appeler une ville un regroupement de 4 pauvres maisons désolé) la limite de vitesse tombe a 40 miles/h. En vieux français un peu boulet et je l’avoue un peu inquiet par la vision des motards dans mon retro je mets un peu de temps à réduire ma vitesse. Immédiatement je me rends compte que les motards aux, ont respectés scrupuleusement la limitation de vitesse et je les aperçois au loin dans mon rétro. Cette anecdote un poil pénible j’en conviens me permet de rebondir sur un aspect vraiment étonnant de la conduite en Ecosse, les gens ont le respect des limites de vitesse dans le sang. La vitesse limite dans nos route de campagne était de 60 miles/h, dans les villes 40 voir 30 miles à l’heure. Il est stupéfiant de constater que TOUS les automobilistes en entrant dans une agglomération adaptent leur vitesse aussi sec. Je ne sais pas si la répression des délits de vitesse est particulièrement sévère là bas (et donc qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une peur du gendarme) ou si tout simplement les gens sont très disciplinés toujours est-il que pour moi français, voir ces gens est un véritable exemple que, je le confesse, j’ai eu du mal à suivre.
On continu notre route en longeant un mini ruisseau qui débouche très vite sur un énorme barrage contenant la puissance du Loch Glascarnoch. La vue de cet énorme loch au milieu de ce désert est une fois encore assez insolite. D’autant plus insolite qu’a proximité de ce loch les montagnes sont encore enneigées.  Encore un paysage grandiose, encore un arrêt sur le côté et encore des photos, et nous voilà repartis. Première étape de notre périple du jour la ville d’Ullapool, que nous atteignons au bout de 2h de route.  Notre guide fait mention d’un « charmant port de pêcheur » et d’un « centre touristique idéal ». On va dire qu’on y était pas à la bonne époque alors… La seule chose que nous avons vue est effectivement un port à l’odeur de poisson avarié et un village particulièrement mort. L’occasion de prendre encore quelques photos rapides et on se remet en route.

Une heure plus tard nous arrivons à Ardvreck Castle, une ruine d’un ancien château du clan McLeod apparemment hanté par deux fantômes. Nous n’aurons pas vu de fantômes mais seulement plusieurs cadavres de moutons autour et dans le château. Etrange et particulièrement glauque, l’odeur qui se dégageait de la scène était en plus particulièrement fétide. La ruine en elle-même est très belle bien qu’il ne reste finalement plus grand-chose. Il s’agit en tout cas d’un des châteaux que je tenais à voir dans notre voyage. C’est chose faite, dommage pour les fantômes par contre, on pourra scruter nos photos à la recherche d’un spectre, hélas (ou pas d’ailleurs) rien n’apparaitra.

Nous faisons une croix sur Lochinver et prévoyons de prendre une autre route pour aller sur Drumbeg. Premier contact avec ce qui deviendra les très fameuses « single track road with passing places ». Il s’agit ni plus ni moins d’une route d’une seule voie à double sens de circulation avec ces passing places, boursouflures de route permettant de se dégager lorsque l’on croise une autre voiture. A cette route déjà peu sympa s’ajoute un relief particulièrement agressif avec son lot de ravins de part et d’autres de la voiture.  Courageux je fais demi-tour, tant pis pour Drumbeg, pas envie de mourir pour ca. Si j’avais su que cette route serait du pipi de chat comparé à ce qui m’attendait j’aurais peut-être continué, je l’avoue avec le recul. 

Nous arrivons donc un peu plus tard du côté de Durness(D). Nous tombons sur de véritables plages de sables typiquement bretonne (ou normande), très sympathique pour y faire une petite pause. On passera aussi à l’entrée de Smoo cave sans y entrer. Il s’agirait apparemment d’une grotte creusée par un loch qui voulait manifestement absolument se jeter dans la mer. Une partie est faisable à pied, une autre en bateau pour remonter jusqu’au loch en question. L’entrée de la cave était cependant une vraie décharge qui ne donnait pas franchement envie de s’y aventurer.  Qu’importe il nous reste encore de la route pour atteindre notre étape du soir (et dernier hôtel réservé à l’avance du séjour), Carbisdale Castle (G). Nous prenons donc une route qui retourne dans l’intérieur des terres à Tongue (E).  Erreur ! 2h de single track with passing machins m’attendais au milieu d’un paysage désespérément vide. Céline crevée, commençait à piquer du nez, il était hors de question pour moi de perdre un instant de concentration sur cette route à la gomme. Je crois que j’ai alors passé le plus mauvais moment de mon voyage. Rien pour se changer les idées, le décor est toujours le même, dès qu’on a la mauvaise idée de tourner la tête pour regarder le paysage, dès qu’on revient à la route une voiture arrive à contre sens et c’est parti pour se coller dans un passing place. 2h comme ca, je vous assure que c’est long !
Enfin nous arrivons à proximité de Carbisdale. Le château est comme sur les photos et la lumière de la journée qui se termine ajoute encore plus un côté inquiétant au château. Pas de doute de loin il en impose. Arrivés sur le parking de l’hôtel on se rend compte que l’on est complètement seul dans cet immense château. On passe à la réception qui nous remet la clé de notre chambre et c’est parti dans un dédale de couloir digne de la maison qui rend fou d’Asterix. Monter n’a pas encore été le plus gros souci, la chambre se trouvait en haut d’une tour du château, on avait donc une très belle vue, mais il n’y avait qu’un lit superposé dans la chambre. Céline pas franchement rassurée à l’idée de dormir dans cette configuration dans un grand château inquiétant a pour le coup carrément pâlie. La redescente à la réception fût pour le coup beaucoup plus complexe, nous nous sommes perdus dans les couloirs, au point de tomber sur des portes pleines de sens interdits, la porte de la chaufferie etc etc… Il nous faudra bien 5 minutes pour retrouver notre chemin à la réception et demander une autre chambre un peu mieux configurée. Nous aurons donc une suite parentale, seule chambre de l’hôtel à avoir un grand lit. Vu le monde effectivement on pouvait avoir la chambre que l’on voulait. Comme pour la voiture ce surclassement ne nous coutera rien. Nous prenons en supplément deux « diner » et repartons nous balader autour du château avant l’heure de manger. En revenant on se rend compte que des voitures sont arrivées et que nous ne serons pas seuls dans le château pour la nuit. Tant mieux. Nous serons au moins 6… On arrive vers 19h devant la salle de restaurant pour dîner…seuls… puis nous retournons dans notre chambre. Il ne nous faudra pas bien longtemps pour tomber de sommeil.

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